J’ai lu : Zéro Déchet de Béa Johnson

Pour mon anniversaire, en décembre, j’ai été très gâtée (comme d’habitude !).

Tout particulièrement, ma sœur qui me connaît décidément très bien, m’a offert un livre qui manquait cruellement à ma bibliothèque :

Zéro Déchet de Béa Johnson

zero-dechet

J’avais bien sûr déjà entendu parler de ce livre – difficile de passer à côté sur la blogosphère – mais je ne l’avais jamais lu.

Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas, Béa Johnson est une française qui vit aux Etats-Unis avec son mari américain (pour voir son blog, c’est ici – mais c’est en anglais). Ils vivent dans la région de San Francisco avec leurs deux fils et pratiquent assidûment ce que Béa Jonhson appelle le Zéro Déchet : une pratique qui consiste à changer ses habitudes de consommation et de vie pour essayer de réduire au maximum (voire de supprimer) les déchets : ce qui part à la poubelle mais également au recyclage et au compost.

J’avais déjà une image plutôt positive du livre, mais je dois dire que j’ai quand même été agréablement surprise par plusieurs aspects du livre.

De l’american dream au zéro déchet

Tout d’abord, je trouve remarquable le virage à 180° effectué par cette famille. Béa Johnson raconte en effet que son mari et elle ont vécu plusieurs années le rêve américain : un mari qui travaille beaucoup et gagne beaucoup d’argent, une mère au foyer, deux enfants en école privée française, une grosse maison, une grosse voiture, des virées dans les galeries marchandes tous les week ends, etc.

Au détour d’un déménagement dans un appartement plus petit, ils se rendent compte qu’une grande partie de leurs affaires laissées au garde meuble ne leur manquent pas, et qu’au contraire, ils se trouvent plus heureux d’avoir retrouvé de la simplicité. De là, nait la volonté de vivre différemment et une conscience écologique accrue les amènent là où nous les connaissons aujourd’hui : le zéro déchet.

Le zéro déchet pas si compliqué

Le deuxième aspect que j’ai beaucoup aimé dans ce livre est que je m’attendais vraiment à trouver les conseils d’une Ayatollah du zéro déchet, avec des pratiques parfois surréalistes, qui prennent du temps et sont ultra contraignantes.

Mais finalement, même si elle reconnaît elle-même avec humour qu’elle est allée très loin dans la démarche (du genre à aller ramasser de la mousse en forêt pour remplacer le papier toilette), elle insiste beaucoup sur le fait qu’un changement n’est un bon changement que s’il peut être durable. 

Exit donc la mousse et retour au papier toilette, et constat d’un point très important : le zéro déchet est un idéal vers lequel tendre, mais qui est malheureusement impossible à atteindre actuellement.

Si elle a tenté de baratter son beurre elle-même parce qu’elle n’en trouvait pas dans le commerce sans emballage, il ne s’agit au final pas d’une habitude que Béa Jonhson a considéré comme pouvant être conservée sur le long terme (trop de temps, trop d’énergie, une quantité de crème à utiliser trop importante). Elle s’est donc résignée à ce que le papier sulfurisé de son beurre soit le dernier déchet dont elle n’aura pas réussi à se débarrasser (ça et le PQ, donc).

Même si personnellement, je ne comprends pas bien où est la difficulté à se passer de beurre (il y a tellement de possibilité pour le remplacer), au final là n’est pas la question. Je trouve qu’il y a quelque chose de très réconfortant à voir la grande prêtresse du zéro déchet constater qu’il n’est pas possible de faire du 100 % zéro déchet de manière durable. Ce droit à l’erreur rend tout de suite l’objectif beaucoup plus réalisable.

Et surtout, cette importance accordée au fait que le zéro déchet doit nous simplifier la vie et non nous la compliquer. Ne plus produire de déchets dans une maison, cela nécessite forcément des changements d’habitude, des essais et des loupés. Oui, changer ses habitudes, cela prend un peu de temps. Mais seulement le temps que la nouvelle habitude soit testée et approuvée.

Ensuite, cela doit redevenir simple. Dans son livre, Béa Johnson explique bien qu’elle ne fait elle-même que ce qu’elle ne trouve pas sans emballage, tout le reste, si elle peut, elle l’achète. Je trouve assez encourageant de se dire que pour réduire ses déchets, il n’est pas nécessaire de faire soi-même son pain, son fromage ou ses yaourts (ces articles se trouvent à la coupe ou contre consigne en magasins bios).

Simplicité et désencombrement

Le troisième point que j’ai beaucoup aimé, c’est qu’au-delà du zéro déchet, Béa Johnson s’inscrit dans une démarche plus globale de retour à la simplicité, qui passe aussi par le désencombrement (avoir moins d’objet mais que des objets utiles et de bonne qualité).

Je trouve que c’est vraiment un plus pour le livre, même si personnellement je ne suis pas très sensible à la question du désencombrement (ma sœur m’a déjà prêté les livres de Dominique Loiseau).

Qu’est-ce que je retiens du livre ?

Si je n’ai pas très envie de jeter ce que j’ai déjà (je comprends la volonté de simplicité de Béa Johnson, mais je n’adhère pas forcément à la logique de se séparer de ses affaires pour ne plus jeter), j’ai par contre vraiment envie de réfléchir à la réduction de nos déchets.

Le livre est d’autant plus tombé à pic qu’à partir de cette année, notre communauté de communes pratique la redevance initiative sur les déchets ménagers, c’est-à-dire une redevance sur les déchets ménagers calculée en fonction d’une part fixe et d’une part variable. La part variable est calculée sur la base du nombre de fois où nous présentons notre poubelle à la levée : plus nous sortons notre poubelle, plus nous payons.

Concrètement, les premières simulations nous ont permis de voir que si nous présentons notre poubelle autant de fois que l’an dernier, nous payerons quasiment deux fois plus cher. En voilà une bonne raison de penser à réduire nos déchets !

J’étais déjà convaincue de l’intérêt écologique et intellectuel d’une démarche zéro déchet, mais voilà un argument économique supplémentaire.

Il ne faut pas réfléchir bien longtemps avant de voir que le gros des déchets est produit dans la cuisine et la salle de bain, j’entame donc une réflexion pour réduire nos déchets dans ces deux pièces. A suivre !

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