Zermati, ou le livre qui a changé ma vie

J’ai donc acheté le bouquin de Zermati et j’avais promis de vous en reparler.

On dit qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture et je trouve que c’est terriblement vrai pour « Maigrir sans régime », puisque c’est ainsi que s’appelle le livre du docteur Zermati.

Déjà, parce que le titre est extrêmement racoleur, on dirait une énième méthode-formidable-pour-maigrir-sans-effort-mais-en-fait-il-vous-faudra-quand-même-manger-des-ananas-à-tous-les-repas. Et puis la photo quoi. Que s’est-il passé avec cette photo de couverture  ???

Maigrir sans regime de Zermati

Toujours est-il qu’il ne faut pas se fier à la couverture de ce livre en particulier, parce que « Maigrir sans régime » a changé ma vie. Ou du moins, a révolutionné ma façon de manger et de concevoir la nourriture sur le long terme. Ce qui n’est quand même pas rien. De là à dire que le livre a changé ma vie, il n’y a qu’un pas.

Décrire quelque chose à la négative n’est pas toujours le plus représentatif, mais je trouve l’exercice très intéressant pour bien montrer la différence avec les autres livres sur les régimes.

Voilà donc tout ce que ce livre n’est pas :

« Maigrir sans régime » n’est pas une méthode qui vous dira quoi manger, dans quelles quantités, à quel moment.

« Maigrir sans régime » n’est pas une méthode où certains aliments sont interdits et il n’y a pas d’aliment magique qui empêche de grossir (coucou le son d’avoine de Dukan).

« Maigrir sans régime » ne traite pas le lecteur de « gros » et d’ailleurs ne s’adresse pas qu’aux « gros », mais à l’ensemble des mangeurs restreints, c’est-à-dire à toutes les personnes qui sont dans le contrôle de leur alimentation, avec succès ou non, qu’elles soient minces, en surpoids ou obèses.

« Maigrir sans régime » n’est pas une méthode culpabilisante qui fait peser le poids (ah ah) de la réussite sur la seule motivation du mangeur (sous-entendu : si la méthode ne marche pas, c’est de votre faute car vous manquez de volonté).

« Maigrir sans régime » ne propose pas de se mettre au régime, et d’ailleurs, il ne propose pas de période de stabilisation (vous savez, la stabilisation, c’est ce moment où tout part en cacahuète).

« Maigrir sans régime » ne fait pas de promesse miraculeuse de perte de poids, n’avance pas de chiffre, ne donne pas d’objectif. D’ailleurs, le livre ne fait pas de promesse de perte de poids tout court. Et va même jusqu’à prévenir que parfois, oui, c’est triste, la prise de poids est irréversible (merci les régimes et l’effet yoyo, voire l’explication scientifique pages 121 à 124… saddest moment of my life).

Mais si le livre du docteur Zermati n’est pas tout ça, de quoi parle-t-on alors ?

On parle essentiellement de sensation alimentaire : de la faim, de la satiété, de l’envie de manger, du besoin de manger. On apprend à les (re)connaître, à les apprivoiser, à les accepter, à savoir faire la différence entre eux.

On parle aussi beaucoup des aliments interdits et de pourquoi on a tort de s’empêcher de les manger. Et on parle des aliments autorisés, voire des aliments qui sont supposés faire maigrir, et de pourquoi on a tellement tort de penser qu’ils ne peuvent pas nous faire grossir (le choc de ma vie : la ratatouille peut faire grossir. Grosse, grosse trahison.).

Manger quand on a faim. Manger ce dont on a envie, manger en écoutant ce que le corps nous réclame. Arrêter de manger quand on n’a plus faim.

L’idée est simple, tellement simple que c’est dur d’y croire. Dur de penser qu’il suffirait seulement de manger quand on a faim et de ne pas manger quand on n’a pas faim pour faire la paix avec la nourriture (et son poids). Dur de penser qu’on se soit tellement éloigné de nos sensations alimentaires et que la clé du paradis serait aussi simple que ça.

Et pourtant, quand on y réfléchit, ce n’est que du bon sens. A tel point que je me suis demandée : qu’est-ce qui cloche chez moi pour qu’à 28 ans seulement je réalise qu’il faudrait peut-être que je mange quand j’ai faim et que j’arrête quand je n’ai plus faim ?

Mais si je veux être juste avec moi-même, je dois bien reconnaître que pour adhérer à ce concept, il aurait déjà fallu que j’arrive à me défaire de toutes ces injonctions « de bon sens » qu’on nous matraque à longueur de journée :

– manger 3 fois par jour, sans oublier surtout le petit déjeuner LE REPAS LE PLUS IMPORTANT DE LA JOURNEE,

– ne pas sauter de repas,

– ne jamais arriver à un dîner ou à une soirée en ayant faim (ou mieux tiens : faisons en sorte de ne jamais avoir faim !!),

– manger 5 fruits et légumes par jour,

– manger 3 produits laitiers par jour (après tout, ce sont nos amis pour la vie),

– ne pas manger trop gras, trop salé, trop sucré !

(Je sais pas pour vous, mais moi ce matraquage alimentaire me fait prendre conscience de comment on peut finir par complètement intériosier et s’approprier une propagande).

Comment manger en écoutant sa faim ET répondre à ces injonctions en même temps ?

C’est simple : c’est impossible.

Donc j’ai choisi mon camps : je laisse tomber les injonctions. Et il n’y a pas à dire, la vie est beaucoup plus belle quand elle comprend des Mars glacés.

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